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États-Unis: que faire face aux groupuscules d’extrême droite ?

Les autorités américaines sont sur les dents à la veille de l’investiture de Joe Biden à la Maison Blanche. La capitale Washington est quasi bouclée, et plus de 20 000 soldats sont attendus pour sécuriser une cérémonie annoncée sous haute tension.

19'30" - Première diffusion le 19/01/2021

Les images de l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, par des partisans radicaux de Donald Trump sont encore dans toutes les têtes. Qui sont ces groupes d’extrême droite à l’origine du chaos ? Quelles menaces font-ils planer sur les États-Unis ? Quelle devra être la stratégie de Joe Biden pour limiter leur influence ?

Avec nos invités Pierre Gervais, historien, professeur de Civilisation américaine à l'Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, et auteur du livre Histoire des États-Unis de 1860 à nos jours  aux editions Hachette et Thomas Huchon, journaliste réalisateur spécialiste du web et de la désinformation. 

 

 

 

Posté le 22-01-2021 | 16:01

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Les nostalgiques du drapeau confédéré

Le 17 juin 2015, Dylann Roof, 21 ans, ouvrait le feu dans l’Église Emmanuel de Charleston, en Caroline du Sud, tuant 9 personnes. L’arrestation du « tueur présumé », fut suivie de la diffusion de photos de Dylann Roof, posant avec un drapeau confédéré.3 semaines plus tard, la gouverneure de l’Etat, décidait d’envoyer dans un musée le drapeau confédéré, considéré par la plupart comme un symbole de l’esclavage à l’époque de la Guerre de Sécession. Une décision applaudie, presque par tout le monde. Anne-Marie Capomaccio est retournée en Caroline du Sud, six mois après ces évènements…

19'30" - Première diffusion le 11/12/2015

Posté le 19-01-2021 | 20:01

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L'extrême-droite aux États-Unis

L’assaut du Capitole à Washington par des milices organisées et armées témoigne de la montée en puissance des mouvements d’extrême-droite aux États-Unis, galvanisés par la présidence Trump et que la nouvelle administration Biden va devoir gérer dans un paysage politique plus que jamais divisé. Ces mouvements et milices extrémistes font partie intégrante de l’histoire américaine et prennent leurs origines à la fin de la guerre de Sécession en 1865, au sortir de la guerre civile entre les États du Nord abolitionnistes et ceux du Sud esclavagistes. Ces derniers rejettent le 13e amendement à la Constitution qui abolit l’esclavage et donne aux Afro-Américains le statut de citoyen, promulguent leurs propres lois séparatistes basées sur l’appartenance raciale et s’appuient sur le 2e amendement pour s’armer et constituer des milices pour défendre leur sécurité, tout en s’opposant farouchement au pouvoir fédéral. C’est la naissance du Ku Klux Klan, société secrète suprémaciste blanche et raciste extrêmement violente. Malgré le mouvement des droits civiques des années 1960 mettant fin aux réglementations de discrimination raciale, la nébuleuse d’extrême droite est toujours restée active. Aujourd’hui, des groupes comme les Proud Boys à l’idéologie néo-fasciste, les survivalistes du Mouvement des miliciens, les suprémacistes de l’Alt-right ou encore les conspirationnistes de QAnon poursuivent leurs mouvements et actions, dévoilant la réalité d’une Amérique profondément déchirée.

Posté le 19-01-2021 | 14:01

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Aux États-Unis, la haine raciste et antisémite alimentée par les thèses du « post-nazisme »

Le samedi 27 octobre 2018, un homme entre dans une synagogue de la ville de Pittsburgh (Pennsylvanie), aux États-Unis, ouvre le feu en hurlant des insultes antisémites, entrecoupé de « Tous les Juifs doivent mourir ! ». Onze personnes meurent. Cet article vous est proposé en partenariat avec « The Conversation ».

Stéphane François, École pratique des hautes études (EPHE)

L’an passé à Charlotteville (Virginie), ville moyenne de ces mêmes États-Unis, une manifestation de militants racistes et autres suprémacistes blancs criait : « Les Juifs vont nous remplacer ! »

Les agressions physiques antisémites se multiplient dans ce pays. Selon un article du Monde, qui reprend les chiffres de l’Anti-defamation League, elles auraient même progressé de 57 % depuis deux ans. Selon le même article, les chiffres du vandalisme de lieux religieux auraient quant à eux augmenté de 86 % durant la même période.

La hantise du « grand remplacement », version américaine

Cette haine antisémite se nourrit des thèses de l’extrême droite étatsunienne, très active et surtout très vivace. Celle-ci se caractérise par un discours à la fois suprémaciste et séparatiste blancs que les militants appellent le « nationalisme blanc ». Selon ceux-ci, il s’agit à la fois d’affirmer la supériorité de la race blanche et de refuser la société multiethnique, en créant des îlots blancs.

En soi, ces thèses sont anciennes. On les retrouve dès le début du XXe siècle chez des théoriciens racistes, toujours publiés et traduits par l’extrême droite, comme Madison Grant, avec un ouvrage comme Le Déclin de la grande race (1916) ou Lothrop Stoddard avec Le Flot montant des peuples de couleur (1920), ainsi que dans les lois raciales étatsuniennes, telles les lois « Jim Crow », dans la défense des populations WASP (White Anglo-Saxon Protestants), ou, enfin dans les positions du second Ku Klux Klan (1915-1944), ouvertement fascisant, dont aurait fait partie le père de Donald Trump.

Les nazis s’en inspirèrent pour l’élaboration et la promulgation de leurs propres lois raciales. Déjà, à l’époque, l’antisémitisme était présent dans ces discours, les Juifs étant vus comme les amis des Noirs. Les thèses du « grand remplacement » ne datent donc pas d’aujourd’hui – au sens propre comme au figuré.

Une vieille tradition remise au goût du jour à l’Université

Ces exemples anciens sont loin d’être anecdotiques, car ces auteurs sont de nouveau mis en avant par une jeune génération de théoriciens racistes, certains d’entre eux étant même des universitaires. Il existe, en effet, un fort courant raciste et antisémite aux États-Unis depuis la fin du XIXe siècle, présent au sein de l’Université.

Parmi les pionniers de l’après-Seconde Guerre mondiale, on peut citer des universitaires comme Raymond Cattell, Arthur Jensen, Donald Swan, Wesley George ou Roger Pearson, fondateur de la Northern League qui fut un repaire d’anciens nazis dans les années 1950 et 1960.

Ces personnes offrent l’avantage aux militants actuels de pouvoir citer des théoriciens racistes particulièrement radicaux, mais qui échappent à la sphère du nazisme ou du néonazisme. Surtout, ils offrent une caution universitaire aux discours promouvant l’inégalité raciale. Ces auteurs faisaient de la préservation de l’identité blanche des États-Unis leur cheval de bataille.

Ils sont toujours présents dans l’Université américaine aujourd’hui, avec par exemple le psychologue évolutionniste racialiste et antisémite Kevin MacDonald, ou le pédagogue Robert S. Griffin, promoteur d’un nationalisme blanc – il est d’ailleurs l’auteur d’un ouvrage intitulé Vivre en tant que blanc, traduit en français. Tout est dans le titre.

La nébuleuse de l’alt-right

Ces militants font partie d’une nébuleuse, connue depuis quelques années, sous l’expression d’« alt-right » (pour « alternative right », la « droite alternative », non gouvernementale). Ce racisme universitaire alimente les militants racistes en thèses promouvant l’inégalité raciale.

Il s’agit, pour eux, de promouvoir une identité blanche mise à mal par les revendications des minorités (ethniques, religieuses ou sexuelles). Pour ce faire et pour renouveler leur logiciel théorique, ces idéologues regardent du côté de l’Europe, commentant et traduisant les théoriciens de la race et de l’identité.

Nous sommes donc face à des milieux qui ont assimilé les différentes évolutions idéologiques des uns et des autres. Surtout, ces militants américains ont défini une nouvelle forme d’antisémitisme inspiré à la fois du national-socialisme et de la tradition raciste américaine : le postnazisme.

Face au « génocide de la race blanche »

C’est celui qu’on voit se manifester bruyamment et criminellement aujourd’hui. Celui-ci peut être défini comme un discours au contenu antisémite, raciste promouvant la race blanche, mais qui ne cherche pas à minimiser ou à nier le génocide des Juifs européens.

Au contraire, ses tenants l’assument et souhaitent « passer à autre chose » selon le mot terrible de Greg Johnson, l’un de leurs théoriciens actuels importants, au motif que la race « blanche » subirait aujourd’hui son propre génocide par la promotion de l’homosexualité, le métissage, la substitution ethnique et l’« immigration-colonisation » (propos écrits dans Le Nationalisme blanc. Interrogations et définitions). Surtout, ils considèrent que ce sont les juifs, rescapés du génocide européen, qui se vengeraient de l’échec de leur extermination…

Ainsi, Greg Johnson a pu écrire la chose suivante :

En ce qui concerne les Juifs… À tout le moins, tous leurs biens devraient être confisqués. Tout au moins. Il y a deux raisons à cela. Premièrement, nous devrions envisager des réparations. Deuxièmement, s’ils étaient autorisés à conserver leur patrimoine, ils l’utiliseraient immédiatement pour semer le trouble chez nous. Il suffit de regarder ce qui s’est passé quand Adolf Hitler, avec l’excès de bonté typique qui constituait son plus grand défaut, a permis aux Juifs d’Allemagne d’émigrer avec leur fortune ».

Ce discours peut sembler délirant. Pourtant, il existe et se diffuse massivement dans les milieux des extrêmes droites européennes et américaines. Selon ces militants, l’un des principaux acteurs de ce « génocide » serait le financier et philanthrope George Soros : il incarne parfaitement l’idéal-type antisémite du juif riche apatride qui cherche à manipuler la marche du monde et à entraver le fonctionnement des nations.

Surtout, les militants américains ne restent pas au stade de l’écriture. Ils hurlent leur haine et passent à l’action : n’oublions pas que ce pays a une longue tradition d’attentats et de fusillades d’extrémistes de droite. Samedi 27 octobre 2018, il y eut 11 morts à Pittsburgh. Malheureusement, ce ne seront pas les derniers.

 

L’élection de Donald Trump en 2016 et ses propos parfois plus qu’ambigus (pensons à ses propos à la suite de la manifestation raciste de Charlottesville disant qu’il y avait des « gens bien des deux côtés ») semblent être vus par les militants racistes américains comme un blanc-seing au passage à l’acte.

Et s’il ne cautionne pas les actes racistes et antisémites, il faut bien reconnaître que le président américain les condamne très mollement.

Stéphane François, Politiste, historien des idées, chercheur associé, École pratique des hautes études (EPHE)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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The Conversation

Posté le 19-01-2021 | 14:01

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«The Birth of a Nation», un film choc sur l’esclavage

Après « 12 Years a Slave », un nouveau film sur l'esclavage fait sensation. « The Birth of a Nation », de l'Américain Nate Parker,est sorti le mercredi 11 janvier 2017 en salles. Un film remarqué aux festivals de Sundance et Toronto et qui réhabilite un héros noir méconnu.

Naissance d'une nation, c'est le titre d'un chef-d'œuvre du cinéma muet signé en 1915 par D.W. Griffith. Ce film au discours raciste, faisant l'apologie du Ku Klux Klan, suscita des mouvements de protestation au sein des communautés noires.

Quelque cent ans plus tard, l'auteur, acteur et réalisateur Nate Parker se réapproprie ce titre, The Birth of a Nation, pour raconter l'histoire d'une des plus importantes rébellions d'esclaves noirs. En 1831, Nat Turner, un prédicateur noir finit par se rebeller et entrainer d'autres esclaves avec lui.

Nat Turner, une personnalité très controversée

Nat Turner est une personnalité controversée de l'histoire américaine, tour à tour décrite comme un illuminé extrémiste ou encore comme un dangereux révolutionnaire, voire un terroriste. Le film n'élude toutefois pas la dimension mystique de cette révolte ni ses conséquences sanglantes.

Donné favori un temps dans la course aux Oscars, The Birth of a Nation fait malheureusement les frais d'une violente polémique aux États-Unis, liée à une ancienne affaire de viol dans laquelle fut impliquée le réalisateur Nate Parker, acquitté en 2001. Le mal est fait et prive ce film puissant quoique manichéen de l'audience qu'il pourrait avoir dans un pays encore traumatisé par les tensions raciales.

 

Posté le 19-01-2021 | 14:01

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«BlacKKKlansman» à Cannes: Spike Lee se moque du Ku Klux Klan et cible Trump

Très attendu, Spike Lee a réussi son retour au Festival de Cannes avec « BlacKKKlansman ». Dans ce film inclassable, entre policier, comédie et pamphlet politique, le réalisateur américain se moque de l’idéologie aussi idiote que meurtrière du Ku Klux Klan et cible aussi le président américain Donald Trump. Ce long métrage en lice pour la Palme d’Or est surtout un hommage cinématographique à un policier afro-américain, Ron Stallworth, qui avait enquêté dans les années 1970 sur l’organisation suprémaciste blanche.

Au lieu d’une attaque frontale, Spike Lee a décidé de montrer et ridiculiser les idées racistes du Ku Klux Klan. À l’image d’un Charlie Chaplin, qui avait lancé en 1940 avec son film satirique Le Dictateur une puissante offensive cinématographique contre Hitler, avec pour seule arme la dérision, Spike Lee pousse avec BlacKKKlansman un cri d’alarme pour alerter contre la virulence persistante du racisme aux États-Unis.

L’histoire imagée du Ku Klux Klan

Parmi les premières images figurent des extraits de Birth of a Nation, réalisé en 1915 par D.W. Griffith, œuvre ouvertement raciste ayant fait l’apologie du Ku Klux Klan. Les dernières images documentaires sont dédiées aux violences perpétrées par des groupuscules d’extrême droite à Charlottesville, en Virginie, en août 2017, avec des images choc d’une voiture d’un militant néonazi percutant volontairement des militants antiracistes.

Ron Stallworth, interprété par John David Washington et Adam Driver 

Le film narre l’aventure incroyable d’un policier afro-américain, Ron Stallworth. Celui-ci avait réussi à infiltrer le Ku Klux Klan jusqu’aux plus hautes sphères de l’organisation. Pour réaliser son projet dangereux, il avait lui-même contacté le KKK, mais laissé à un policier blanc, son double, les actions d’infiltration sur le terrain. Ce duo de policiers agissant sous la même identité est incarné avec une charge humoristique incroyable et des scènes hilarantes par John David Washington (son père Denzel Washington avait interprété en 1992 le Malcolm X de Spike Lee) et Adam Driver donnant vie au policier blanc et juif, l’alter ego de Ron Stallworth. Grâce à ce stratagème, ce duo parvient même à faire la connaissance d’un certain David Duke, homme politique et ancien membre du KKK.

David Duke et Donald Trump dans le film de Spike Lee

L’actualité brûlante de cette histoire se déroulant à la fin des années 1970 est palpable quand Spike Lee quitte le terrain du « documentaire » fictionnalisé et établit un parallèle évident entre l’idéologie de cet ancien grand sorcier du KKK, David Duke (« rendre sa grandeur à l’Amérique », « America first »), et les slogans de campagne présidentielle de Donald Trump (« Make America Great Again »).

Pour raconter cette histoire inouïe autour de Ron Stallworth et la restituer dans son époque, Spike Lee a décidé de montrer en parallèle les actions du mouvement Black Power et du Ku Klux Klan. Entre autres, il a laissé dans son film une place énorme à la vocifération du Ku Klux Klan où chaque phrase des protagonistes est truffée de termes racistes, mais aussi antisémites.

Un cinéaste-défenseur de la communauté afro-américaine

Le drapeau américain finira dans BlacKKKlansman à l’envers et en noir et blanc. Cinématographiquement parlant, l'œuvre n'apporte pas de véritable innovation, mais Spike Lee, à l'âge de 61 ans, souhaite visiblement de nouveau se hisser à la première place des cinéastes-défenseurs de la communauté afro-américaine contre le racisme. Au Festival de Cannes, il a trouvé une chambre d’écho mondiale à sa cause.

Adam Driver et John David Washington dans «BlacKKKlansman» de Spike Lee.

Adam Driver et John David Washington dans «BlacKKKlansman» de Spike Lee. | Universal Pictures

Posté le 19-01-2021 | 14:01

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Internet: l'«Alt-right» a-t-elle créé une base de données sur les anti-Trump?

Selon le site BuzzFeed News, les militants de l'extrême droite pro-Trump consignent depuis avril 2017 dans une base de données, les informations personnelles de milliers d'opposants à la politique du président américain. Certains internautes dont les noms figurent dans le fichier auraient déjà été victimes de représailles par des pirates informatiques.

Les membres de la mouvance d’extrême droite Alt-right (« droite alternative » en français) ont encore frappé. Et en investissant en masse le web et les réseaux sociaux américains, ils sont peut-être devenus les champions du trolling et de la désinformation. Inlassablement, ils provoquent et harcèlent leurs contradicteurs sur la Toile, comme le rappelle le journal en ligne The Intercept qui analyse ce phénomène inquiétant dans un documentaire vidéo.

« Leur seule culture est issue du plaisir qu’ils ont eu à utiliser un ordinateur. Ce qui peut être considéré comme un peu désuet et léger. Elle reflète la sous-culture des jeunes qui a permis le renforcement de la propagande et doit être perçue en termes d’une évolution socio-culturelle. Nous assistons aujourd’hui à une bataille des sous-cultures. »

Et selon le site américain BuzzFeed News, les extrémistes de droite compilent depuis avril 2017 les données personnelles des opposants de Donald Trump d’un fichier informatique. L’article publié par ce média en ligne, spécialisé dans le buzz, révèle que la base de données des anti-Trump serait au moins composée de 3 000 noms, numéros de téléphone, adresses postales et comptes sur les réseaux sociaux récupérés illégalement sur le Web.

Pétition antifasciste détournée

Dans une première version du fichier figuraient les signataires d’une pétition antifasciste « piratée » par des internautes sur le site 4chan. Un siphonnage complètement fantaisiste, car cette liste en accès libre et parfaitement connue de tous, a déjà été largement commentée par les pro-Trump.

« Ces "antifa" idiots nous ont fait un super cadeau ! Ils ont créé une liste de noms pour qu’on puisse la parcourir et identifier des centaines de sympathisants. » Peut-on lire à ce propos sur les réseaux sociaux. Prudence donc. L’existence de ce fichier centralisé est loin d’être une certitude.

Enquête peu rigoureuse

Par ailleurs, l’enquête menée par le journal en ligne ne semble pas vraiment rigoureuse. Comme à son habitude BuzzFeed News ne fournit aucune preuve numérique, autre que des copies d'écrans de ces informations personnelles prétendument récoltées par les militants d’extrême droite.

Seule certitude dans cette affaire, les « Alt-right » sont bien passés maîtres dans l’art de la désinformation sur la Toile en faisant ressurgir les vieux démons du maccarthysme avec comme seul et unique objectif et sans aucune finesse, d’instaurer une véritable paranoïa dans l'opinion américaine.

Posté le 19-01-2021 | 13:01

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Comment les réseaux sociaux de la «fachosphère» américaine occupent-ils internet ?

Créées pour concurrencer les grands réseaux sociaux traditionnels, des plateformes comme Gab, Voat ou WrongThink se veulent des enclaves de la liberté d’expression sur Internet. Mais ces sites calqués sur Twitter, Reddit ou Facebook sont en réalité le repère de l’alt-right, l’extrême-droite américaine, qui se retrouve exclue des géants du web. Sauf qu’un an après les violences de Charlottesville, ces réseaux ont toujours du mal à se faire une place sur la Toile.

À quelques détails près, l’internaute pourrait se croire sur Facebook, Twitter ou Wikipédia. Mais il suffit de quelques secondes pour se rendre compte qu’il s’agit en réalité des clones des célèbres plateformes du web. Et que derrière des slogans défendant « la liberté d’expression », ces sites « alternatifs » hébergent surtout des idées, des propos et des sympathisants d’extrême-droite.

Il n’est pas rare que les profils sur WrongThink, très inspiré de Facebook, arborent des croix gammées ou des symboles revendiqués par les suprémacistes blancs. Nombre de messages sur Gab, une réplique de Twitter, sont ouvertement antisémites, anti-islam et racistes. Les articles d’Infogalactic ou de Metapedia, des sosies de Wikipédia, sont politiquement orientés et teintés de conspirationnisme et de négationnisme…

Mais ces quelques sites font partie d’une nébuleuse plus vaste où l’on trouve également un équivalent du forum Reddit (Voat) ou de la plateforme de financement participatif Patreon (Hatreon), voire même un site de rencontre réservés aux Blancs, WASP.Love. Tous ont été lancés pour offrir aux membres de la mouvance alt-right américaine des lieux de discussion et d’échanges, loin de la « censure » et de la « bien-pensance » dont ils accusent principaux réseaux sociaux.

Chassés des grands réseaux sociaux

Le politologue Stéphane François, chercheur au CNRS et spécialiste des droites radicales, attribue le développement de cet écosystème « à une pression d’une partie de l’opinion publique, qui pousse les grosses sociétés d’internet à faire le ménage dans leurs utilisateurs […] Du fait de cette pression, les militants d’extrême-droite créent des réseaux communautaires, pour les personnes ayant les mêmes positions idéologiques : c’est une volonté de rester entre soi… ». Selon l’historien, « on peut résumer le propos de la façon suivante : "puisqu’on veut pas de nous, on crée notre réseau social" ».

Cette pression s’est notamment accentuée après les évènements de Charlottesville l’an dernier. Plusieurs géants comme YouTube, Twitter ou Facebook ont alors pris des mesures contre les discours haineux et bannis nombre de comptes et pages d’extrême-droite, dont des personnalités du mouvement. Reddit a procédé à la fermeture de plusieurs sous-forums aux sujets controversés, le leader du paiement sécurisé en ligne PayPal a déclaré refuser les transactions utilisées pour « promouvoir la haine, la violence et l'intolérance raciale ». Spotify ou OKCupid ont également eu des réactions similaires.

Cette vague de bannissements et d’interdictions a poussé nombre d’internautes à trouver refuge sur les infrastructures de cet « internet parallèle » où se retrouvent les sympathisants d‘extrême-droite. Ils ont notamment migré vers le Twitter « alternatif », Gab, fondé il y a deux ans par un homme d’affaires soutenant Donald Trump, Andrew Torba. 

Depuis, le réseau se targue d’avoir levé plus d’un million de dollars en financement participatif, de rassembler aujourd’hui plus de 500 000 utilisateurs et d’avoir attiré certaines grandes figures de l’alt-right. Mais le succès de Gab, par ailleurs relatif (le magazine Wired le compare à une « ville-fantôme »), fait figure d’exception dans la galaxie des réseaux « alternatifs ». Car la plupart des plateformes de l’extrême-droite américaine peinent à survivre et à décoller.

Un public limité

Le site de financement participatif Hatreon, qui avait commencé fort en 2017 avec 400 créateurs levant environ 25 000 dollars par mois, est indisponible depuis février. Et depuis plusieurs jours, c’est le service de vidéos en ligne PewTube qui est inaccessible. Le clone de Wikipédia, Infogalactic, tourne au ralenti et ses fréquentations sont en chute. WASP Love est inactif depuis 2016, pointe le journal Le Monde.

Quant au Reddit d’extrême-droite, Voat, l'un de ses fondateurs, se demandait en juin : « Faut-il continuer ? » soulignant la difficulté de rendre viable son forum alors que « la majorité des utilisateurs de Voat utilisent toujours Reddit. Les gens utilisent Reddit pour discuter des sujets politiquement corrects. Ils utilisent Voat pour les choses qu’ils ne peuvent pas poster sur Reddit. Cela créé un déséquilibre où Voat devient de plus en plus politiquement incorrect alors que Reddit hérite de tout le contenu neutre. Le résultat final c’est que ce déséquilibre fait fuir les gens lorsqu’ils sont confrontés à un contenu comme celui-ci sur le long terme. »

En résumé, les plateformes de l’alt-right sur le web n’arrivent pas à s’étendre au-delà de leur base et à prospérer, faute d’un public plus large. « Ces sites restent confidentiels, analyse le spécialiste de l’extrême-droite Stéphane François. Seuls les militants d’extrême-droite y vont, avec des visites de curieux ou des antifascistes qui font de la veille militante… Leur aspect artisanal, sans la qualité ou la diversité des services fournis par les grands réseaux sociaux, lassent ou parfois rebutent leurs utilisateurs. »

Manque de moyens

Or, pour se développer et être plus attrayants, ces réseaux ont besoin d’argent, rappelle le chercheur. « Il faut des informaticiens qu’il faut payer. Il faut aussi des publicités, autres que militantes. Bref, il faut sortir de l’entre-soi et générer des clics et des ressources. Pour qu’ils se développent, il faut augmenter les membres et les flux, et ainsi attirer des annonceurs. Les réseaux sociaux se développent via les publicités, les contenus payants, etc. Sans membres, les sites ne se développent pas et gardent un aspect artisanal qui n’arrive pas à faire concurrence aux réseaux sociaux "mainstream". L’argent est capital pour l’essor de ces sites. On est dans un cercle vicieux. »

Interrogé par le New York Times, Mark Pitcavage, qui étudie l’extrême-droite à la Ligue anti-diffamation, souligne qu’« être sur internet est une entreprise de groupe ». « Vous faites appel à un fournisseur d’accès à internet, à un hébergeur de noms de domaine, à un service de paiement en ligne. Il est très courant pour un de ces acteurs de ne pas vouloir travailler avec un groupe de suprémacistes blancs. »

Gab (« l’alt-Twitter »), par exemple, en a fait l’amère expérience en étant banni de l’Apple Store et du Google Play Store et, plus récemment, son hébergeur, Microsoft Azure, a menacé le réseau s’il ne faisait pas supprimer plusieurs posts jugés antisémites. Une précarité qui résume bien la situation : sans le soutien des géants de la Silicon Valley, qui contrôlent l’architecture de base d’internet, offrent des services de développement, l’accès aux app stores et les plateformes publicitaires, « il est quasiment impossible d’être compétitif, peu importe son positionnement politique », rappelle le New York Times.

Privés du soutien des grandes structures, incapables de lever des financements conséquents et d’élargir son public, voire même de mobiliser leurs propres communautés, l’avenir des réseaux sociaux « alt » sur le web semble compromis. Il n’y a cependant pas de quoi se réjouir, estime Wired, qui s’interroge : « avec nos plus grandes plateformes déjà si pleines de haine, qui a vraiment besoin d’un alt-internet de toute façon ? »

L’effet Trump et internet

Dans les pages de Wired, le chercheur Tim Squirrell, spécialiste des communautés en ligne, attribue cet échec au fait que « la majorité de ces gens veulent toucher le plus de monde possible. Et si vous voulez produire quelque chose qui se propage, 4chan [un très populaire forum anonyme dépourvu de modération, Ndlr] est l’endroit idéal ». Et Facebook, Twitter ou Reddit, malgré certaines mesures, continuent d’être alimentés par des contenus controversés et resteront sans doute le lieu privilégié des batailles idéologiques.

Des débats d’autant plus visibles et houleux depuis la campagne et l’élection de Donald Trump, qui ont ouvert grand la porte aux idées d’extrême-droite sur la place publique. Avec la libération de cette parole, la visibilité grandissante de personnalités sulfureuses et de sites conspirationnistes comme Infowars ou Breitbart, l’alt-right se retrouve au centre des conversations sur les réseaux sociaux et sur la Toile. « Leurs opinions ont été intégrées au courant dominant », analyse Tim Squirrell. Et internet y est pour beaucoup.

Le spécialiste des droites radicales Stéphane François rappelle qu’auparavant, l’extrême-droite diffusait ses thèses par des publications papiers à la portée restreinte, mais avec internet « il est très aisé de diffuser des informations, des points de vue, de l’idéologie, de la propagande ou de la désinformation. » Autre avantage, explique le chercheur : « internet permet une démultiplication du militantisme, comme le montre l’usage intensif de l’extrême-droite des trolls et des "bots", qui compense la faiblesse numérique des militants ».

Internet a offert à l’extrême droite un médium inespéré pour propager sa parole à grande échelle. Et si les réseaux sociaux de l’alt-right n’arrivent pas à survivre, estime Wired, « c’est peut-être parce que l’alt-right n’a jamais eu besoin d’avoir sa propre version d’internet. Le vrai internet de l’alt-right ? Vous êtes déjà dessus ».

Posté le 19-01-2021 | 13:01

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Avec «GAB», la fachosphère a son propre réseau social pour éviter la censure

Les réseaux sociaux refusent de plus en plus d’accepter les messages qui reflètent des opinions extrémistes, qui incitent à la haine, ou qui sont de nature pornographique, ou dégradante pour certaines catégories d’individus. Certains voient dans ce refus une forme de censure et une atteinte à la liberté d’expression. C’est le cas des tenants de la mouvance d’extrême droite Alt-right, qui a maintenant un nouveau réseau sur lequel s’exprimer.

Le réseau intitulé GAB, qui en anglais veut dire « bavardage », a vu le jour cet été à Austin au Texas. Sa devise : « Bienvenus pour s’exprimer librement ». Mais tout le monde est-il bienvenu ? Les fondateurs l’affirment, mais lorsqu’on regarde la liste des utilisateurs, on y retrouve tout le gotha de l’extrême droite, ceux que Twitter a chassés.

C’est le cas de Richard Spencer, le chef d’une organisation, qui lors de son récent congrès à Washington, a fait le salut nazi en criant « Hail Trump ! ». C’est le cas encore de l’un des éditorialistes de Breitbart News, le Britannique Milo Yiannopoulos, ou encore de Tila Tequila, une vedette de télé-réalité interdite de Twitter après avoir placé des insultes raciales et des commentaires pronazis.

Quid des messages ?

Les messages sont tout d’abord plus longs que ceux de twitter : GAB autorise 300 caractères contre 140 pour Twitter. Certains sont innocents, comme celui de cette nouvelle abonnée : « Salut les amis, je suis une mère de famille de l’Ohio et ceci est mon premier message. Merci pour le site. »

Mais d’autres sont beaucoup moins cordiaux. Un journaliste du New York Times qui a pu visiter le site le mois dernier a été frappé par leur antisémitisme. Même si GAB prétend que ses membres peuvent tout dire, il exerce lui aussi une certaine censure quand il juge que le message va un peu trop loin. Il prohibe « la violence de toute sorte », l’apologie du terrorisme et les menaces.

Ainsi, le site avait refusé de publier certains détails de la biographie d’un abonné qui avait fait l’apologie du viol, de la torture et du meurtre des juifs. Et lorsqu’un autre utilisateur lui a conseillé d’éviter ce genre de langage qui enfreint la loi, il a été accusé par une tierce personne d’être juif.

GAB, un réseau ouvert aux opinions d’extrême droite, mais pas que…

Pour le moment, la vaste majorité des abonnées vient de l’extrême droite expliquent les trois fondateurs du site qui font valoir pour preuve leurs origines. L’un est un Canadien hindou, un autre un musulman kurde et le troisième, Andrew Torba, 25 ans et actuel PDG du site, est un chrétien conservateur. Nos abonnés « se sentent opprimés par les réseaux traditionnels qui refusent leurs messages trop radicaux », poursuit l’un des dirigeants.

GAB vient d’essuyer le refus d’Apple de placer son site sur sa plate-forme de façon à être accessible sur les téléphones portables et les tablettes. La raison : la présence de pornographie sur le site. Mais GAB offre, comme les autres réseaux, des filtres qui permettent de bloquer ce que les visiteurs ne veulent pas voir. Il entend donc faire procès à Apple pour être accepté.

Qui finance GAB ?

Peu de détails filtrent sur son modèle économique. Pour le moment, il est autofinancé par les trois fondateurs et par des dons, et il n’a pas de publicité. Il gagne en tout cas en popularité, même s’il est bien loin des 3,5 milliards d’utilisateurs de Twitter, il a tout de même une longue liste d’attente.

Posté le 19-01-2021 | 13:01

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Des militaires suprémacistes blancs pointés du doigt dans l'armée américaine

Au moins trois militaires américains ont été repérés par des journalistes dans un groupe néonazi particulièrement violent. Ce dernier incite ses membres à s’engager afin de bénéficier d’une formation au combat qu’ils pourront ensuite utiliser dans la guerre raciale qu’ils pensent mener.

« Aujourd’hui, j’ai fendu trois crânes, sans avoir encaissé le moindre dommage. » Le 12 août 2017, c’est par ces mots que Vasillios Pistolis se félicitait de son passage musclé aux manifestations d’extrémistes blancs à Charlottesville, à 180 kilomètres de Washington. Ce membre de l’Atomwaffen Division (« la division bombe atomique », en allemand), un mouvement néonazi de l’ultra-droite américaine, n’est pas tout à fait un citoyen raciste et homophobe comme les autres : il est aussi un soldat du Corps des Marines, toujours sous contrat.

C’est ce qu’ont découvert trois journalistes américains en poursuivant leurs investigations sur l’Atomwaffen Division. Plus ennuyeux pour le Pentagone, cette enquête de ProPublica et PBS montre que le 1ère classe Vasilios Pistolis n’est pas le seul. Les auteurs ont identifié deux autres militaires sous contrat, ainsi qu’au moins trois vétérans passés notamment par l’Afghanistan. Des hommes qui maîtrisent le combat, le tir, la fabrication et l’utilisation d’explosifs.

Un groupe « terroriste » antisystème

L’Atomwaffen Division est un groupe de quelques dizaines de suprémacistes blancs particulièrement violents. Ses membres sont impliqués dans cinq affaires de meurtres. Revendiquant leur néonazisme, ils prônent le recours à la guérilla et aux attentats, visant en particulier des centrales nucléaires, pour faire tomber le gouvernement américain qu’ils accusent de ne pas suffisamment défendre la communauté blanche. Officiellement, le groupe n’est pas illégal car la loi américaine n’interdit aucune forme d’idéologie. Plusieurs réseaux sociaux et plates-formes numériques ont malgré tout décidé de supprimer leurs comptes, leurs accès et leurs canaux de discussion.

 

« Ça a été assez difficile comme enquête car la majorité de l’information est cachée sur des serveurs privés, dans des pans obscurs d’internet et des conversations privées, raconte Jake Hanrahan, l’un des auteurs. Nous avons mis la main sur 250 000 documents internes qui contiennent toutes les discussions du groupe. Ils en parlent ouvertement et à partir de là, nous avons pu retrouver les individus concernés. Nous les avons contactés mais ils ne sont jamais revenus vers nous ».

Le meilleur entraînement au monde

On y apprend notamment que ceux qui portent ou ont porté l’uniforme au sein de ce groupe partagent leurs connaissances militaires avec les autres militants. Ces derniers sont incités à s’engager dans les forces armées afin de bénéficier d’une formation au combat, qu’ils pourront utiliser par la suite contre les institutions. L’un d’entre eux, un ancien sapeur de l’US Army, a également commencé à fabriquer des pièces d’armes pour équiper le groupuscule.

« Les militaires sont censés, qu’on y croit ou non, être des garants des valeurs morales du pays et des protecteurs des citoyens quelle que soit leur couleur ou leur race, s’insurge Jake Hanrahan. Il est crucial de révéler que des néonazis gravitent au milieu, qu’ils annoncent vouloir brûler le gouvernement américain. Ces gens ont commencé à mobiliser leurs savoir-faire militaires pour poursuivre leur guerre raciale. Ils ont reçu le meilleur entraînement au monde et l’utilisent pour les pires raisons. Ces gens sont extrêmement bien entraînés. S’ils se lancent dans des carnages, des fusillades ou qu’ils posent des bombes, ils savent parfaitement comment s’y prendre ».

Des cas isolés ?

Suite à la publication de cette enquête, le Corps des Marines a lancé une enquête judiciaire. S’il est finalement démontré que le 1ère classe Vasillios Pistolis a bien commis des crimes, il devrait être sanctionné en conséquence. Mais la simple appartenance idéologique à cette mouvance ne suffira pas. En attendant, l’institution refuse de commenter ce dossier, tant que l’affaire est en cours.

Les militaires américains sont-ils perméables à ce genre d’idéologies ? Les tensions politiques et sociales présentes dans la société se retrouvent au sein des armées, estime un officier français ayant fait une partie de sa formation aux États-Unis : « Le climat de polarisation est extrême, tant à droite qu’à gauche. Mais j’ai l’impression que certains se calment un peu. Je ne crois pas que ce soit un véritable phénomène dans l’armée d’active. Une chose est sûre : l’institution ne plaisante généralement pas avec ce genre de sujets ».

Un sous-officier français, déployé en Afghanistan avec des militaires américains, voit dans cette affaire des brebis galeuses comme on en trouve dans tous les pays. « J’ai toujours senti les soldats américains plus ouverts et accueillants que les Français. La présence de néonazis parmi eux est statistiquement sûre, mais je ne serais pas surpris que l’on en trouve plus dans certaines armées européennes, comme la Bulgarie, les pays baltes et surtout la Turquie. Mais aussi en France »

Posté le 19-01-2021 | 13:01

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