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Lecornu interrogé par les enquêteurs pour "prise illégale d'intérêts"

Le ministre Lecornu interrogé par les enquêteurs pour

ENQUÊTE - Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a été interrogé le 15 avril à Nanterre par la police anticorruption sur ses activités passées à la tête du département de l’Eure, objet d’une enquête du parquet national financier pour “prise illégale d’intérêts”, a appris l’AFP mardi 20 avril de source proche du dossier.

Le ministre a été entendu en audition de suspect libre par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) selon cette source, confirmant une information de Mediapart.

Le ministre “conteste toute prise illégale d’intérêts dans le cadre de ses fonctions, d’avril 2016 à juin 2017, de Président du département de l’Eure et d’administrateur à la SAPN”, a déclaré mardi à l’AFP le cabinet du ministre.

7874 euros bruts de “jetons de présence” perçus

Cette enquête, dévoilée en janvier par le Canard enchaîné et Libération, est ouverte depuis mars 2019 des chefs de “prise illégale d’intérêts” et d’“omission de déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique”.

Selon Libération, cette enquête est née à la suite d’un courrier d’un “banquier des collectivités locales reconverti dans l’énergie” adressé en janvier 2019 à la cheffe du PNF d’alors, Eliane Houlette.

Dans sa déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Sébastien Lecornu affirme avoir perçu entre juillet 2016 et juin 2017 un total de 7874 euros bruts de “jetons de présence” comme administrateur de la Société des autoroutes Paris Normandie (SAPN).

Or Sébastien Lecornu était au même moment président du département de l’Eure, et a, ”à ce titre, approuvé plusieurs délibérations” de la collectivité ayant trait à la SAPN, au moins quatre selon Le Canard, cinq selon Libération.

“Professionnalisme” et “impartialité”

“Les présidents de départements de l’Eure, du Calvados et de Seine Maritime siègent traditionnellement, depuis des décennies et toujours aujourd’hui, au Conseil d’administration de la SAPN, société dont les départements sont actionnaires. Cela permet un dialogue entre les acteurs chargés d’une même mission de service public au bénéfice des citoyens”, a indiqué le cabinet du ministre.  

“Les rares délibérations prises par le département qui ont concerné la SAPN sont des actes de nature technique, correspondant à l’exécution de projets décidés par l’État ou à des régularisations administratives”, selon la même source.

“Sébastien Lecornu a toujours exercé ses fonctions avec professionnalisme, impartialité, et de façon totalement transparente ; ce mandat, comme les autres, faisant l’objet d’une déclaration à la HATVP. Il continue de s’y employer, tous les jours, dans l’intérêt de l’État et de ses administrés”, a ajouté le cabinet. 

À voir également sur Le Huffpost: Régionales: Castex propose de les décaler fin juin mais à ces conditions

Posté le 21-04-2021 | 07:04

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Vaccin: Valneva va négocier pays par pays, faute d'accord avec l'UE

Faute d'accord avec l'UE, la biotech française Valneva va négocier pays par pays (Photo Illustration by Cezary Kowalski/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)

VACCIN - Faute d’accord avec l’Union européenne, le laboratoire franco-autrichien Valneva a indiqué ce mercredi 21 avril se tourner vers des discussions pays par pays pour fournir son candidat-vaccin contre le Covid-19.

Estimant que les discussions avec l’UE n’ont pas fait de “progrès significatif” à ce jour, Valneva - qui a annoncé début avril des résultats initiaux positifs pour la première phase de son étude clinique sur son vaccin potentiel -, indique qu’en conséquence, elle ne donnera plus “la priorité aux discussions de fourniture centralisée actuellement en cours avec la Commission Européenne”.

“Nous avons consacré beaucoup de temps et d’efforts à essayer de répondre aux exigences du processus d’achat centralisé de la Commission européenne”, a fait valoir Thomas Lingelbach, PDG du groupe, cité dans le communiqué, qui regrette l’absence d’accord avec l’UE.

“Nous concentrons désormais nos efforts vers des États membres de l’UE et des parties intéressées en dehors de l’UE qui souhaitent inclure notre approche inactivée dans leur stratégie vaccinale”, poursuit-il.

Déjà 100 millions de doses commandées par le Royaume-Uni pour 2021-2022

L’Union européenne avait annoncé le 12 janvier avoir conclu “des pourparlers exploratoires” avec Valneva et envisager d’acheter jusqu’à 60 millions de doses. Mais aucun accord définitif n’a été conclu à ce jour, alors même que les approvisionnements en vaccins ont subi des retards, exposant l’UE aux critiques pour une campagne d’immunisation moins avancée que chez son voisin britannique notamment.

Jusqu’ici, les vaccins de Moderna, de Pfizer-BioNTech et d’AstraZeneca sont disponibles dans l’UE. L’Agence européenne des médicaments a par ailleurs estimé, mardi, que le vaccin Johnson & Johnson, sur lequel comptent de nombreux pays pour accélérer les campagnes d’immunisation, peut être employé, en raison d’un rapport bénéfices/risques favorable.

Dans le cas de Valneva, basée à Nantes, le Royaume-Uni a, de son côté, passé un accord dès juillet 2020, avant de signer en septembre dernier un partenariat portant sur un potentiel de 190 millions de doses achetées, pour une valeur maximale de 1,4 milliard d’euros. Le pays a déjà commandé 100 millions de doses pour 2021-2022, rappelle Valneva dans son communiqué mercredi. 

Une mise sur le marché cet automne

“Le Royaume-Uni a répondu en premier, en grande partie sans doute car nous y étions déjà implantés, et aussi car ils ont cru tout de suite dans notre vaccin inactivé. Ils ont été les premiers à réagir et à nous faire une proposition structurée d’aide”, avait expliqué à l’AFP Franck Grimaud, le directeur général, début février.

Valneva développe un vaccin qui utilise la technologie bien connue du virus inactivé, processus qui permet de créer une réponse immunitaire chez les patients en leur injectant un virus privé de ses capacités de nuire.

Le laboratoire prépare une étude de phase 3, la dernière avant une éventuelle autorisation, qui devrait démarrer à la fin du mois d’avril, et espère une mise sur le marché cet automne.

À voir également sur Le HuffPost: Castex annonce des créneaux de vaccination pour les professeurs et les policiers

Posté le 21-04-2021 | 06:04

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Climat: accord de l'UE sur une baisse drastique des émissions carbone d'ici 2030

L'UE se fixe pour objectif de réduire de plus de moitié ses émissions carbone d'ici 2030 (Photo prétexte d'une usine à Hamburg en Allemagne).

ENVIRONNEMENT - Eurodéputés et États de l’UE se sont mis d’accord ce mercredi 21 avril pour adopter l’objectif d’une réduction nette d’“au moins 55%”des émissions de gaz à effet de serre de l’UE d’ici 2030, par rapport au niveau de 1990, ont annoncé la Commission européenne et des parlementaires.

Cet objectif faisait l’objet d’âpres négociations entre d’une part les dirigeants des Vingt-Sept, qui s’étaient entendus en novembre sur une réduction de 55%, et d’autre part le Parlement européen, qui réclamait une baisse d’“au moins 60%”.

Cet accord sur un objectif de l’UE, qui sera formellement intégré dans une “loi climat” en préparation, intervient à la veille d’un sommet sur le climat initié par le président américain Joe Biden, lors duquel Washington doit justement dévoiler son propre objectif révisé pour 2030.

“Un signal fort au monde entier”

“C’est un moment historique pour l’UE (...) L’accord renforce notre position dans le monde comme un leader du combat contre la crise climatique”, s’est félicité Frans Timmermans, vice-président de la Commission en charge du “Pacte vert” européen, cité dans un communiqué.

De son côté, le ministre portugais de l’Environnement Joao Pedro Matos Fernandes, dont le pays occupe la présidence tournante de l’UE, a salué “un signal fort au monde entier” et un objectif “aujourd’hui gravé dans le marbre”.

Les pourparlers entre États et eurodéputés, dans l’impasse depuis des mois, avaient repris mardi en début d’après-midi et se sont prolongés jusqu’après 5 heures du matin, soit quatorze heures de négociations.

Un objectif “juridiquement contraignant”

“Le Parlement était évidemment prêt à aller encore plus loin, mais le compromis trouvé est ambitieux: nous allons faire deux fois et demi plus en 9 ans que ce que nous avons fait au cours des 10 dernières années en Europe”, a observé l’eurodéputé Pascal Canfin (Renew, libéraux), président de la commission Environnement au Parlement européen.

Désormais, “l’objectif d’une neutralité carbone pour 2050 deviendra juridiquement contraignant”, a abondé l’eurodéputé allemand Peter Liese (PPE, droite pro-UE) dans un tweet.

En revanche, a-t-il regretté, cet objectif de neutralité carbone s’appliquera collectivement à l’ensemble des Vingt-Sept, mais ne s’imposera pas à chaque Etat individuellement, contrairement à ce que souhaitait le Parlement. La Pologne en revanche, encore très dépendante du charbon, s’y opposait farouchement.

Dans l’accord trouvé, l’objectif est une baisse “nette” des émissions de gaz à effet de serre, c’est-à-dire qui inclut la compensation des émissions de CO2 par des “puits de carbone” naturel, via la reforestation par exemple.

“Pas à la hauteur de ses ambitions”

“C’est la reconnaissance du besoin d’améliorer les ‘puits de carbone’ de l’UE”, via une meilleure régulation de l’usage des sols et espaces forestiers, souligne la Commission.

La réduction totale des émissions pourrait même “atteindre près de 57% par rapport à 1990”, calcule Pascal Canfin.

De leur côté, ONG environnementales et des eurodéputés verts dénoncent farouchement une cible “nette” qui tient notamment compte du CO2 capté par les forêts ―au risque de réduire ainsi mécaniquement la baisse réelle exigée des secteurs polluants.

“La loi climat n’est pas à la hauteur de ses ambitions. En termes réels, ce n’est qu’une réduction de 52,8%, ce n’est pas le ‘Pacte vert’ qu’il nous faut (...) et c’est insuffisant  au regard de l’accord de Paris”, a cinglé sur Twitter Michael Bloss, eurodéputé vert allemand.

À voir également sur Le HuffPost: L’intervention de Mélenchon sur la loi Climat a tourné à la castagne avec la majorité LREM

Posté le 21-04-2021 | 06:04

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Les pro-Alexeï Navalny manifestent ce mercredi et la date n’est pas anodine

Un homme brandi une pancarte

RUSSIE - Ce mercredi 21 avril devait être le VP-Day, le jour de Vladimir Poutine. Devant le Parlement, le président russe tiendra son discours annuel à la Nation - l’équivalent du “discours sur l’État de l’union” à l’américaine. Mais le chef d’État risque bien de se faire voler la vedette par son ennemi numéro 1 Alexeï Navalny, dont les soutiens appellent à manifester dans tout le pays le même jour.

Ces derniers temps, le nom d’Alexeï Navalny est sur toutes les lèvres en Occident. À l’unisson, les pays de l’UE et les États-Unis ont fait part de leurs vives inquiétudes sur l’état de santé du principal opposant au Kremlin, incarcéré depuis fin février en Russie.

C’est pour “défendre Alexeï et le droit à la liberté et au bonheur”, mais aussi “contre la corruption, la répression et les assassinats politiques” que le Fonds de lutte contre la corruption (FBK) créé par Navalny a appelé à se réunir de nouveau, quelques mois après les manifestations d’envergure de janvier qui se sont soldées par des arrestations massives.

À l’origine, aucune date n’avait été annoncée. Mais plusieurs éléments ont poussé les organisateurs à choisir le 21 avril. Et si officiellement rien ne permet d’affirmer que la date a été choisie pour faire un pied de nez au président russe, le symbole n’en est pas moins très fort.

Le jour de Vladimir Poutine

Installé depuis deux fois huit ans (1999-2008 et depuis 2012) à la tête de la Russie, Vladimir Poutine est bien parti pour y rester. Au moins jusqu’à 2036 s’il y parvient, puisque la Constitution russe tout juste réformée l’y autorise désormais.

Il est donc rompu à l’exercice qu’il s’apprête à réitérer ce 21 avril: son discours sur l’État de la nation prononcé chaque début d’année devant les deux chambres du Parlement, suivant une tradition inscrite dans la Constitution russe et initiée par le premier président de la Fédération de Russie Boris Eltsine en 1994.

Cette allocution permet au président en poste de dresser un bilan de ses années au pouvoir, mais aussi de présenter ses objectifs pour le pays. Les sujets abordés relèvent le plus souvent de politique intérieure et en 2020, c’est à cette occasion que Vladimir Poutine avait introduit officiellement l’idée d’une réforme de la Constitution. Selon l’agence gouvernementale TASS, le discours de cette année - qui se fera en présentiel - portera essentiellement sur la relance post-crise du coronavirus. Les futures élections législatives prévues à l’automne pourraient également être abordées.

L’évènement en lui-même est, par sa nature, hautement symbolique. Mais il l’est d’autant plus cette année, alors que Vladimir Poutine a désormais un boulevard d’au moins 12 ans - deux futurs mandats présidentiels possibles -  devant lui pour asseoir ses ambitions. 

Sauf que ce mercredi 21 avril, un autre rendez-vous risque d’accaparer l’attention des Russes: les manifestations prévues dans une centaine de villes et auxquelles plus de 460.000 personnes prévoient de participer. 

La  “dernière chance” des pro-Navalny

Le retour d’Alexeï Navalny en Russie mi-janvier a donné lieu à d’immenses manifestations suivies par des milliers de personnes.... et autant d’arrestations. De quoi doucher la motivation des soutiens de l’avocat de 44 ans, d’autant plus que la dureté des conditions de détention est bien connue

Malgré tout, les proches de l’opposant politique n’ont pas renoncé à mobiliser la population. Fin mars, le FBK a annoncé une manifestation à venir, indiquant que l’évènement ne serait vraiment organisé que lorsque 500.000 inscriptions virtuelles auraient été enregistrées. Une façon d’évaluer la mobilisation des troupes, mais aussi de rassurer les hésitants. 

Mais deux évènements sont venus bouleverser ce programme. D’une part, la dégradation de la santé de Navalny, en grève de la faim, “très faible” et privé de soins, comme l’ont réaffirmé ses avocats le 20 avril, malgré son transfert dans une prison en théorie plus adaptée médicalement. “Il n’y a plus le temps - il est temps d’agir. Il ne s’agit plus seulement de la liberté de Navalny, mais de sa vie.(...) On ne peut plus attendre”, a écrit sur Facebook le bras droit de l’opposant, Léonid Volkov, en annonçant le 18 avril la manifestation pour le 21.

D’autre part, les pro-Navalny pourraient bientôt être soumis à une législation encore plus stricte, qui revient à les faire purement et simplement disparaître. Mi-avril, le bureau du procureur de Moscou a demandé à la justice fédérale que le FBK et ses relais régionaux soient ajoutés sur la liste des organisations “terroristes et extrémistes”, en raison de leur volonté de “déstabiliser la situation sociale et sociopolitique” et les principes constitutionnels russes.

Le FBK serait ainsi considéré au même titre que l’organisation jihadiste État islamique (EI) ou encore les Témoins de Jéhovah. Concrètement, l’inclusion dans cette liste pourrait se traduire par de lourdes peines de prison pour les partisans d’Alexeï Navalny - aussi bien les manifestants que les simples contributeurs financiers - bien plus dissuasives que les sanctions actuellement appliquées. 

De la lutte contre la neutralité à la lutte contre le mal absolu

La décision de la justice fédérale est attendue pour le 26 avril, cinq jours après la manifestation prévue. Un délai qui joue en faveur des défenseurs de Navalny, mais qui va aussi permettre aux autorités russes de “juger du soutien” dont bénéficie l’avocat, selon le FBK.

À la veille de l’évènement, le palier des 500.000 n’avait pas encore été tout à fait atteint. Mais plus de 110.000 personnes s’étaient d’ores et déjà inscrites uniquement à Moscou et les organisateurs prévoyaient des rassemblements dans 110 villes.

“Si nous gardons le silence maintenant (...) la Russie plongera dans l’obscurité totale. Une activité politique pacifique deviendra impossible. Quiconque désapprouve le régime actuel sera reconnu comme extrémiste”, mettent en garde les opposants à Vladimir Poutine. “La vie d’Alexeï Navalny et le sort de la Russie dépendent du nombre de citoyens descendus dans la rue ce mercredi. Ne manquez pas cette opportunité, il n’y en aura peut-être pas d’autres”, ajoutent-ils en présentant ces actions de masse comme “la seule chose” susceptible d’effrayer Vladimir Poutine. 

Et preuve que l’heure est grave, ils n’ont pas hésité à modifier l’accroche utilisée dès les premières heures par Alexeï Navalny sur son blog: “la bataille finale entre le Bien et la neutralité”, destiné à faire réagir des Russes jugés trop passifs face au pouvoir en place, est devenue “une bataille finale sans pitié entre la population normale et le mal absolu.”

Quarante-huit heures avant les manifestations, le gouvernement russe s’est lui fendu d’une mise en garde laconique, mais qui, au vu des précédents, ne laisse aucun doute sur la méthode qui sera employée: “Les unités du ministère de l’Intérieur et des autres forces de l’ordre ne permettront pas une déstabilisation de la situation et prendront toutes les mesures qui s’imposent pour le maintien de l’ordre”, a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. 

A voir également sur Le HuffPostEn soutien à l’épouse d’Alexeï Navalny, des centaines de femmes russes ont manifesté

Posté le 21-04-2021 | 01:04

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Réouverture des bars et restaurants: un casse-tête pressant pour les établissements

S'ils obtiennent le droit de rouvrir les terrasses mi-mai, les bars et restaurants français ne sont pas pour autant tirés d'affaire, tant la réouverture s'annonce complexe (photo d'illustration prise en novembre 2020 à Paris).

CORONAVIRUS - “On est fermés depuis le 30 octobre. Or c’est comme une voiture qui n’aurait pas roulé depuis longtemps: des choses peuvent dysfonctionner...” Depuis le discours du 31 mars d’Emmanuel Macron, les restaurateurs et cafetiers de tout le pays ont les yeux rivés vers l’Élysée et Matignon, dans l’attente d’une date de réouverture de leurs établissements. 

Dans son allocution, le chef de l’État avait évoqué la mi-mai. Une échéance qui a depuis été conditionnée par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire à l’évolution de la situation sanitaire, avant d’être rendue encore un peu théorique par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, qui a évoqué l’horizon du 15 mai à grand renfort de précautions oratoires

“Pour l’instant, on n’a aucune date précise”, confirme au HuffPost Hervé Dijols, le président du SNRTC (Syndicat national de la restauration thématique et commerciale), l’une des quatre organisations servant d’intermédiaires entre la profession et les autorités. Entre le secret auquel sont tenus les ministres qu’ils rencontrent et le manque d’information dont ils disposent de toute façon, le syndicaliste explique ainsi n’avoir pour l’heure aucune perspective. “On est dans la pénombre, on ne sait pas encore ce qui va advenir.” 

100.000 employés manquants? 

Or redémarrer tout le secteur -et ce même si cela concerne les seuls établissements qui disposent d’une terrasse, si tant est qu’ils soient tous inclus-, cela ne se fait pas en un claquement de doigts. Raison pour laquelle Hervé Dijols et ses homologues ont exigé du Premier ministre Jean Castex un “délai de prévenance” de trois semaines avant la date de réouverture. 

Il y a tout d’abord le problème de la main d’œuvre. Sur un secteur qui employait avant la crise 700.000 personnes, le représentant syndical nous explique que 100.000 salariés ont été perdus de vue, désireux de trouver une activité rémunératrice en période de crise ou dont on ne sait pas s’ils reviendront une fois que les aides s’arrêteront et qu’il faudra recommencer à travailler. 

Comme l’expliquait sur Europe 1 Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration, un autre syndicat, de nombreux serveurs, commis ou maîtres d’hôtel ont découvert, en un an d’activité au mieux très partielle, qu’une autre vie que celle de l’hôtellerie-restauration était possible. Et il y a fort à parier que certains employés expérimentés du secteur se sont réorientés durant les fermetures successives.

Rouvrir, oui. Mais pas à n’importe quel prix...

Vient ensuite le problème de la constitution des stocks pour les bars et restaurants qui voudront rouvrir. Beaucoup d’établissements ont soit perdu leur stock depuis le début de la pandémie, quand ils n’ont pas réussi à les écouler grâce à la vente à emporter. Il leur faut donc racheter de l’alcool, des produits frais, du matériel. À cet égard, nos voisins belges assistent par exemple une pénurie de chaufferettes, les restaurateurs souhaitant préparer leur réouverture dans un marché qui n’est pas encore prêt. Et pour les établissements qui font tout maison, nous précise encore Hervé Dijols du SNRCT, il faudra tout fabriquer avant de pouvoir accueillir à nouveau du public. 

Ce qui explique une autre condition posée par les syndicats de la restauration aux autorités: stop au stop-and-go. C’est-à-dire pas de réouverture tant que le spectre d’une nouvelle fermeture plane toujours. “Lors du premier confinement, on a eu quatre heures pour fermer”, raconte Hervé Dijols. Ce qui a contraint les restaurateurs français à jeter des tonnes de marchandise, les bonnes œuvres auxquelles ils auraient pu les donner se retrouvant très vite dépassées par l’afflux massif de denrées et par conséquent obligées de les refuser. Or pour l’instant, “on n’a aucune garantie qu’il n’y aura pas de nouveau confinement en juillet, ou un peu plus tard”, poursuit le syndicaliste. 

Ce qui rejoint une autre problématique pour le secteur: comment les bars et restaurants pourront-ils rouvrir? “On a fait savoir qu’on ne voulait pas entendre autre chose que le protocole qui était en vigueur jusqu’au 30 octobre”, insiste Hervé Dijols, selon qui des mesures renforcées empêcheraient mécaniquement les établissements d’être viables. “On a des seuils de rentabilité à atteindre, donc rouvrir pour ne même pas être rentable, ce n’est pas la peine.” 

Quid des zones touristiques?

La rentabilité, c’est justement le nerf de la guerre dans cette vaste problématique de la réouverture des bars et restaurants. Dans le plan ébauché par Emmanuel Macron, ne seraient concernés que certains des établissements possédant une terrasse. Et aux syndicalistes, Jean Castex a tracé les contours d’une reprise totale en trois phases, chacune espacée de quatre semaines. Un délai intenable pour la profession. “Si on respecte les quatre semaines entre chaque étape, ça va emmener certains -si le point de départ est bien le 15 mai- vers des dates auxquelles la réouverture ne sera pas rentable”, insiste Hervé Dijols. 

Car rouvrir ne suffit pas, il faut aussi qu’il y ait des clients pour faire tourner la boutique. Dans certaines zones du pays, sur les littoraux notamment, une fois passée la saison touristique, ou si celle-ci est trop avancée au moment de la réouverture (qui se fera en plus avec un protocole sanitaire), impossible de faire un chiffre suffisant pour garder les affaires à flot. Et donc inutile d’accueillir à nouveau du public si celui-ci ne peut plus voyager, ni prendre l’avion pour venir de l’étranger. 

C’est notamment pour cette raison que les syndicats plaident pour un statut spécifique pour la ville de Paris, une ville où les bars et restaurants ne sont rentables qu’en présence de touristes. “L’an dernier, durant la réouverture de l’été, on a fait -65%”, se souvient Hervé Dijols. “Imaginons que nous rouvrions courant juin: les Parisiens vont partir en vacances, les touristes ne seront pas là,” prévient-il, lui qui avait fait le choix, à l’été 2020, de garder portes closes jusqu’à la rentrée pour ne pas fonctionner à grandes pertes pendant la période estivale. Un choix qui l’avait laissé moins durement touché que certains confrères qui s’étaient empressés de rouvrir. “L’année dernière, avec le protocole sanitaire et le manque de clientèle, il était tout simplement impossible d’atteindre le seuil de rentabilité à Paris.” 

Une situation qui ajoute une dernière donnée au casse-tête de la réouverture: le besoin de maintenir un soutien différencié pour l’hôtellerie-restauration, même après la réouverture des terrasses. “On demande que les aides ne s’interrompent pas du jour au lendemain, pour soutenir ceux qui n’ont pas de terrasse, ceux qui ne vont pas pouvoir bien travailler s’ils rouvrent.” D’ici au 15 mai, il ne reste plus que quelques jours au gouvernement s’il veut accorder le délai de trois semaines réclamé par la profession. Ce qui laisse à penser que la situation va devoir se décanter rapidement. 

À voir également sur le HuffPost: Les terrasses chauffées bientôt interdites, annonce Barbara Pompili

Posté le 21-04-2021 | 01:04

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Urgence climatique: une bande dessinée pour agir

BD urgence climatique

CLIMAT - A-t-on besoin d’une bande dessinée sur l’urgence climatique? La cause n’a-t-elle pas déjà été exprimée et entendue des milliers de fois? Certes, mais puisque rien n’avance assez vite, la multiplication d’outils pédagogiques sur ce sujet dont dépend la survie de l’Humanité semble plus nécessaire que jamais. La BD est pour cela un format particulièrement adapté, ce que démontre un album dont l’intention militante réside dans le titre: Urgence climatique: il est encore temps!

L’ouvrage est particulièrement bien exécuté, parvenant à résumer et analyser de manière lumineuse des sujets complexes. Signé par Ivan Ekeland, mathématicien, économiste et philosophe, auteur de plusieurs essais de vulgarisation scientifique, il est dessiné par Étienne Léocroart, qui avait notamment mis en images Les riches au tribunal de Monique et Michel Pinçon-Charlot dont j’avais parlé par ici.

Les gaz à effet de serre et ses conséquences

Les auteurs partent du constat de l’accélération depuis les années 1950 de l’émission des gaz à effet de serre et la liste de ses multiples conséquences: immenses incendies planétaires, disparition des espèces, mutations de l’agriculture intensive… Ils convoquent biologie, physique, histoire, démographie et économie de manière pédagogique avec un souci de vulgarisation qui n’occulte jamais la rigueur scientifique.

Comme cela est écrit plusieurs fois (et même joliment imagé par une fable indienne), les conséquences du réchauffement sont tellement nombreuses qu’il est difficile de l’envisager de manière globale. Partant du principe que tout est lié, l’ambition est posée: démonter l’ensemble de la mécanique et produire “une initiation à la pensée globale”.

Bien qu’il embrasse des sujets parfois très techniques, l’ouvrage reste clair, et même limpide sur les causes et les effets du réchauffement. Riche en données statistiques, il parvient à résumer de nombreux rapports scientifiques sans jamais perdre le lecteur. Les auteurs n’oublient pas de prendre un peu de hauteur au moment de se projeter sur les conséquences possibles, et celles certaines, à court et moyen terme. Dans son dernier tiers, l’ouvrage (au ton engagé dès la première page) se fait même politique, envisageant les répercussions immédiates en termes de migration et de santé, condamnant avec force les théories néolibérales jugées responsables de la situation actuelle.

Le Covid-19

La crise sanitaire du Covid est invoquée en tant que conséquence directe du réchauffement, et même considérée comme une sirène d’alarme alertant sur de bien plus grandes catastrophes si rien ne change.

Dans ses derniers développements, les auteurs s’intéressent aux réponses possibles et aux initiatives positives recensées autour du globe par différents acteurs économiques, comme les agriculteurs. Après avoir posé -et éliminé- certaines hypothèses (et notamment celle des énergies renouvelables qui ne pourront se substituer complètement aux énergies fossiles et au nucléaire), ils proposent une voie unique: celle de la décroissance.

Selon leur démonstration, dans un monde à la population toujours plus importante, seule la sobriété est susceptible de ralentir la catastrophe pour espérer sauver le vivant. Pas de lendemain qui chante donc, mais une marche à suivre sans tarder qui permettra de rester positif, dans l’action.

À voir également sur Le HuffPost: Que manque-t-il pour faire une “vraie loi climat”? Ces manifestants répondent

Posté le 21-04-2021 | 01:04

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La télé-réalité inspire la littérature, voici pourquoi

Depuis la victoire de Loana et Christophe, au mois de juillet 2001, la télé-réalité passionne les foules, y compris la littérature.

LIVRES - Vulgaire, vide de sens, plouc. Alors que la télé-réalité a longtemps fait l’objet d’un certain mépris de la part des sphères intellectuelles, une vague d’auteurs s’inspire du genre télévisuel dans une série d’ouvrages parus à temps pour l’anniversaire emblématique de “Loft Story”, qui fête ses 20 ans ce mois-ci.

Leurs noms? Aurélien Bellanger, Delphine de Vigan et Paul Sanfourche. Dans Téléréalité, le premier dresse le récit d’un certain Sébastien, fils de plombier devenu l’un des plus incontournables producteurs du petit écran. Les enfants sont rois, de la seconde, dépeint, lui, l’univers des enfants influenceurs au travers de son héroïne Mélanie Claux, une jeune maman bien décidée à devenir aussi célèbre que les lofteurs l’ont été.

De ces lofteurs, le troisième a préféré n’en garder qu’un, ou plutôt une: Loana Petrucciani. Publié au mois de février dernier au Seuil, l’essai de Paul Sanfourche Sexisme Story questionne tour à tour les images de bimbo, de mauvaise mère et de fille facile qui ont été accolées à la célèbre candidate, pour mieux interroger les violences faites aux femmes et le sexisme de notre société.

Ce livre ne vient pas de nulle part. “J’ai tout vu du ‘Loft’, ‘Star Academy’, ‘L’île de la tentation’, ‘Opération Séduction’ ou ‘Koh-Lanta’, nous confie le journaliste. J’ai regardé ça avec passion, sans aucun recul. En tant que téléspectateur, je me suis régalé, voire rincé l’oeil. Ce n’est qu’au tournant des années 2010 que j’ai pris conscience de tout ce que j’avais ingurgité en termes de sexisme, de racisme et de mépris de classe.”

Un spectacle “sublime, mais glaçant”

C’est cette passion, “presque de l’ordre du cannibalisme”, qu’il a d’abord voulu développer. Son exploration personnelle lui ouvre les yeux, notamment au sujet de Loana, “unique star de la télé-réalité”, selon lui. “C’est celle qui a connu les plus hauts faits de la gloire grâce à la télé-réalité, mais c’est aussi celle qui s’est fait fouler aux pieds par le système médiatique. Qu’est-ce qui fait qu’on aime autant détester une personnalité? Qu’est-ce qu’elle synthétise? Il y a forcément quelque chose qui nous travaille collectivement”, concède-t-il.

Aurélien Bellanger partage ces considérations. “J’ai un rapport de vraie fascination pour la télé. Ça a été à 99% les images que j’ai consommées jusqu’à mes 25, 30 ans, confie-t-il dans une interview accordée aux Inrocks au mois de mars. Je trouve ça très beau, mais d’une beauté bizarre, mélancolique. […] Ce qui est intéressant, c’est que la critique de la télé en France est tout de suite morale et rarement esthétique. Elle ne dit pas la grandeur, le sublime, potentiellement affreux, mais glaçant de ce spectacle.”

Il ajoute: ”Je crois que [la télé] est un art en tant qu’elle a été la mise en scène la plus spectaculaire de la seconde moitié du XXe siècle. Elle est un art, et c’est encore plus frappant avec la télé-réalité, avec des jeux sur la distanciation brechtienne, où l’on ne sait plus s’ils jouent la comédie ou non. Elle poursuit la grande aventure du théâtre. Le théâtre en tant que grand art populaire s’est probablement réfugié dans la télé-réalité.”

11,7 millions de téléspectateurs

Chez Delphine de Vigan, c’est un peu par hasard qu’elle s’est intéressée au sujet, en tombant sur un reportage “qui montrait deux enfants accueillis dans un centre commercial comme des stars internationales”, explique-t-elle au micro de Guillaume Erner dans “Livres & Vous” sur Public Sénat.

Les mécanismes à l’oeuvre dans la télé-réalité ne la laissent pas indifférente. “C’est le point de départ de ce qu’on voit aujourd’hui, souffle l’autrice. [Elle] a influencé de manière très durable le langage, le notre, celui de YouTube, d’Instagram. On a défini les codes. C’est ce que j’observe avec les enfants influenceurs et les influenceurs en général, qui sont au croisement de la télé-réalité et du télé-achat.”

Le 26 avril 2001, le lancement de “Loft Story” a réuni 5 millions de téléspectateurs. Alors que les quotidiennes attirent chaque semaine de plus en plus de monde, près de 8 millions de personnes ont assisté à la finale. Un pic d’audience à 11,7 millions a été enregistré à l’annonce des gagnants. C’est, en d’autres termes, près de 20% de la population française de l’époque. Comme beaucoup de phénomènes populaires, “l’engouement autour de l’émission concerne des catégories de Français très larges et dont les conséquences sur la société sont assez insoupçonnées”, estime Paul Sanfourche.

Avant les romans de Delphine de Vigan et d’Aurélien Bellanger, d’autres auteurs de fiction s’étaient déjà emparés de la thématique. Amélie Nothomb en 2005, avec Acide Sulfurique. Pascale Maret, deux ans plus tard, sort À vos risques et périls. En 2018, c’est Guillaume Sire qui s’y colle dans Réelle. Que dit cette fascination collective? Pourquoi réapparaît-elle aujourd’hui?

Se faire entendre dans l’espace médiatique

D’après la sociologue Gisèle Sapiro, dont les ouvrages interrogent la notion de responsabilité de l’écrivain dans la société, plusieurs facteurs convergent. “Les expériences de confinement, dans lequel nous vivons depuis un an, peuvent avoir joué, suggère la directrice de recherche au CNRS, que Le HuffPost a interviewée. Cela conduit à s’interroger sur l’enfermement. Ce n’est pas une question nouvelle dans la philosophie ou la littérature, comme en témoigne la pièce de théâtre de Jean-Paul Sartre Huis clos. Elle a peut-être été renouvelée.”

L’anniversaire de “Loft Story” est à prendre en considération, d’un point de vue éditorial. L’émulation collective est-elle naturelle? Ou est-ce l’œuvre marketing des maisons d’édition? La directrice d’études à l’EHESS évoque un inversement des rapports de force, entre la littérature et les programmes, comme la télé-réalité, longtemps considérées comme vulgaire ou grand public. “Parler de ces formes [comprendre ici, des productions de divertissement populaire, NDLR] peut être pour la littérature un moyen de se faire entendre dans l’espace médiatique aujourd’hui, car elles ont un degré de visibilité bien supérieur”, poursuit la chercheuse.

Les ouvrages d’Aurélien Bellanger, Delphine de Vigan et Paul Sanfourche sont différents. Disparition de la télévision classique, avènement d’une nouvelle génération sur les réseaux sociaux, redéfinition de la star... Chacun à leur façon, ils mettent à l’écrit certains des questionnements liés à la télé-réalité qui nous traversent. “J’ai beaucoup de respect pour les émissions de variétés, et je trouve que beaucoup d’objets ne sont bien traités par la critique de télévision, qui est un genre qui n’a jamais existé”, commente Aurélien Bellanger, toujours dans Les Inrocks.

Un milieu réticent?

Son roman n’épargne pas le cynisme de la télé-réalité ni son jugement. Les trois travaux apportent, cependant, une pierre à un édifice plus large. “Je pense qu’en France, nous sommes dans une culture traditionnelle qui hiérarchise les productions culturelles, la littérature étant au sommet, poursuit Gisèle Sapiro. Ces hiérarchies culturelles sont aujourd’hui accusées d’élitisme et de stigmatisation des classes populaires. Prendre ces formes de divertissement populaire au sérieux, c’est tenter de comprendre ce qui peut captiver le plus grand nombre.”

Ça n’est jamais sans la réticence des pairs. ”Écrire sur Loana m’a valu beaucoup d’interrogations désapprobatrices, se souvient Paul Sanfourche. ‘Pourquoi lui consacrer un livre’, me demandait-on. Ça m’a confirmé le besoin de faire cet essai. J’ai bien vu la somme de préjugés qui pesaient sur ce genre télévisé.” En France, cette forme de mépris a un impact direct sur la production d’œuvres. En dehors des travaux de la sociologue Nathalie Nadaud-Albertini, les essais sur la télé-réalité sont confidentiels ou absents.

“Des ouvrages de dissertation philosophique ou sémiologique sur la télé-réalité, il y en a, constate le journaliste. Par contre, on ne trouve aucune vraie étude sur les conditions de travail de celles et ceux qui se cachent derrière la production des images et des récits, par exemple.” Combien de temps encore la télé-réalité va-t-elle être considérée de haut et cachée sous le tapis? L’auteur s’interroge. Même si ce n’est pas pour demain, sa récente infusion dans la littérature laisse entendre qu’il reste encore beaucoup de choses à dire. La télé-réalité n’a pas fini d’inspirer.

À voir également sur Le HuffPost: À quoi ressemblait la télé en 2001 au lancement de “Loft Story”

Posté le 21-04-2021 | 01:04

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La Super League veut "remodeler" le projet face aux désistements

La Super League veut

SPORT - Les créateurs de la Super League ont annoncé ce mercredi 21 avril qu’ils allaient “reconsidérer les étapes les plus appropriées pour remodeler le projet” de compétition privée censée concurrencer la Ligue des champions de football, face aux nombreux désistements de clubs fondateurs auxquels ils font face.

Cette décision, qui s’apparente à une suspension du projet, intervient à l’issue d’une folle journée, qui a vu se désolidariser successivement la moitié des douze clubs fondateurs de cette compétition quasiment fermée aux autres équipes d’Europe, face au tollé des supporters et aux menaces des instances du football.

Les six clubs anglais initialement engagés dans cette Super League ont annoncé mardi soir leur retrait de ce projet ”à cause de la pression mise sur eux”, a ajouté l’organisation “Super League” deux jours seulement après le lancement de son initiative.

La Super League “convaincue” de sa proposition

La “Super League”, basée en Espagne, s’est malgré tout redite “convaincue” que sa proposition “est entièrement alignée avec le droit européen”, et que “le statu quo actuel du football européen doit changer”.

L’organisation dissidente, dirigée par le patron du Real Madrid Florentino Pérez, ne précise en revanche pas concrètement de quelle manière elle compte “remodeler” son projet, ni n’indique si ce sera au sein des instances comme l’Union européenne du football (UEFA) ou toujours en dehors.

Les six autres clubs initialement engagés (Real Madrid, Barcelone, Juventus Turin, AC Milan, Atlético Madrid, Inter Milan) n’ont de leur côté pas pris position depuis les défections de leurs alliés initiaux.

À voir également sur Le HuffPost: Zidane refuse de parler de la Super League

Posté le 21-04-2021 | 01:04

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Après le verdict de Derek Chauvin, Joe Biden appelle au changement

ÉTATS-UNIS - Le président américain Joe Biden a appelé ce mardi 20 avril l’Amérique à se rassembler et à lutter contre le racisme qui “entache” son âme, à l’issue du procès de Derek Chauvin, reconnu coupable de la mort de George Floyd.

“L’heure est venue pour ce pays de se rassembler”, a-t-il déclaré lors d’une brève allocution depuis la Maison Blanche après le verdict du policier. “Certains -des agitateurs et des extrémistes qui se moquent de la justice sociale- essayeront d’exploiter les émotions à vif”, a-t-il mis en garde. “Nous ne pouvons les laisser faire”.

 

“Le verdict de culpabilité ne fera pas revenir George”, a-t-il souligné. Mais cette décision peut être le moment d’un “changement significatif”, a-t-il ajouté, appelant les Américains à ne jamais oublier cet épisode tragique.

 

“Nous devons écouter. ‘Je ne peux plus respirer, je ne peux plus respirer’: ce furent les derniers mots de George Floyd”, a-t-il martelé. “Nous ne pouvons les laisser mourir avec lui. Nous devons continuer à entendre ces mots. Nous ne devons pas nous détourner”.

Juste avant cette allocution, le président américain avait exprimé son soulagement à la famille de George Floyd. “Nous sommes tous tellement soulagés”, a déclaré Biden dans cet échange téléphonique. “Vous êtes une famille incroyable. J’aurais aimé être là pour vous prendre dans mes bras”, a-t-il ajouté.

À voir également sur Le HuffPost: La police abat Adam Toledo, 13 ans, à Chicago, la vidéo rendue publique

Posté le 21-04-2021 | 00:04

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Verdict pour Derek Chauvin: coupable de la mort de George Floyd

Verdict pour Derek Chauvin sur la mort de George Floyd (photo de manifestants à Minneapolis, Minnesota, le 19 avril 2021)

ÉTATS-UNIS - Le jury du procès du policier accusé du meurtre de George Floyd, qui s’était retiré lundi pour délibérer sur la responsabilité de Derek Chauvin dans la mort du quadragénaire afro-américain, est arrivé à un verdict ce mardi 20 avril en début d’après-midi.

Après seulement une dizaine d’heures de délibérations, qui avaient commencé après une ultime journée au cours de laquelle accusation et défense avaient exposé leurs arguments, le verdict de ce procès à la dimension historique a été lu publiquement au tribunal de Minneapolis.

Pour les 12 membres du jury, Derek Chauvin est coupable du meurtre de George Floyd. Le policier a été déclaré coupable des trois chefs d’accusation qui le visaient. La peine sera prononcée dans huit semaines, a annoncé le juge.

 

Impact sur les prochains procès

Le policier blanc de 45 ans était jugé et a donc été déclaré coupable pour meurtre, homicide involontaire et violences volontaires ayant entraîné la mort de George Floyd, qu’il avait interpellé avec trois autres agents pour une infraction mineure.

Pendant plus de neuf minutes, il avait maintenu son genou sur le cou du quadragénaire, qui était allongé sur le ventre, les mains menottées dans le dos. Son agonie, filmée en direct par des passants, a choqué le monde et suscité des manifestations d’une ampleur historique contre le racisme et les violences policières.

Cette issue du procès aura aussi un impact sur celui des trois autres agents, qui doivent être jugés en août pour “complicité de meurtre”.

“Justice obtenue dans la douleur”

L’avocat de la famille de George Floyd a salué le verdict du jury  comme un “tournant dans l’Histoire”. “Coupable! Une justice obtenue dans la douleur a finalement été accordée à la famille de George Floyd”, a réagi l’avocat Ben Crump. 

 

L’avocat a aussi diffusé une vidéo de Joe Biden et Kamala Harris appelant la famille de Floyd (ci-dessus) pour leur partager leur “soulagement”.“Vous êtes une famille incroyable. J’aurais aimé être là pour vous prendre dans mes bras”, a-t-il ajouté.

Barack et Michelle Obama étaient aussi parmi la foule de personnalités, et d’anonymes, à réagir à l’issue de ce procès. Dans un message posé sur Twitter, l’ancien président et son épouse se sont félicités que “le jury a aujourd’hui pris la bonne décision. Mais la vraie justice réclame bien plus que cela. Michelle et moi envoyons nos prières à la famille Floyd et nous tenons aux côtés de celles et ceux qui s’engagent pour garantir à chaque Américaine et Américain toute la justice dont George et plein d’autres ont été privés.

À voir également sur Le HuffPost: La police abat Adam Toledo, 13 ans, à Chicago, la vidéo rendue publique

Posté le 20-04-2021 | 21:04

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